Day off #7

13h00 : [pcc] 21 boulevard bourdon
Où sont les entrailles de Paris ?
Catacombes, trou des Halles … ?
Que nenni … suivez-moi. Pouic a pris rendez-vous avec Monsieur Serge Harel, responsable technique du PCC a.k.a Poste de Commandement Centralisé … de la RATP.
Après avoir franchi quelques points de contrôle, ce passionnant “ancien” de la RATP nous fait pénétrer au coeur du dispositif contrôlant tous les aspects du fonctionnement du métro parisien [circuit éléctrique, aiguillage, messages de sécurité, évacuation ...]. Une cinquantaine de techniciens en blouse blanche s’affairent dans des control rooms dignes d’un décor de James Bond circa 1965 ou d’une salle de lancement de missiles de l’ère soviétique.
Notre guide est intarissable, nous débitant les anecdotes les plus saugrenues de l’histoire du célèbre transport public souterrain. Nous apprenons entre autre que nous avons le réseau le plus maillé du monde, que les techniciens se préparent à une nouvelle crue centenaire de la Seine [1910 > 2010] en stockant des tonnes de sable et de pierre pour le jour J, que régulièrement la RATP procède à des injections de béton souterraines afin de combler des fissures apparues avec le temps. Les ingénieurs ont ainsi malencontreusement “bétonné” le coffre d’une banque dont les sous-sols voisinaient les leurs.
Il y a environ 15 jours j’ai vu passer en sens inverse une rame verte et rouge des années 60 tous feux éteints. Monsieur Harel confirme : “il s’agit bien de la MF77, le dernier exemplaire en état de fonctionnement”. Ce train “fantome” circule la nuit et se loue …
Organiser un dîner aux chandelles entre la station Touareg et Boulbizar, faire le figurant dans un film, ou tout simplement visiter la nuit, notre bon vieux bouec parisien … c’est possible.
Navily, véritable Bible sur la RATP
Visiter le métro la nuit
Visite du patrimoine de la RATP

15h00 : Entrakte
Pouic se réjouit à l’idée d’aller déambuler à l’Opéra Garnier sur les traces de Louis de Funès dans la Grande Vadrouille et de montrer au Vilain tous les lieux envoutants du film : le lac sous l’opéra où Stanislas Lefort retire sa perruque “vous allez vous enrhumer avec votre boule d’escalier”, les coulisses, le toit …
Das ist ein gross dezeption ! Tous ces lieux sont interdits au public. De l’ensemble de ces vestiges nous ne trouvons que l’escalier majestueux mais sinistre et le miroir “Entrakte” !
Nous décidons d’aller là où il est interdit, empruntant un escalier de service qui nous mène vers un no man’s land des aspirateurs.
Fin de la visite.
L’opéra Garnier
Site officiel

18h30 : OMAR M’A TUER
Pouic enfreindrait-elle les règles du Day off ? Nous voici de nouveau à l’IMA [Institut du Monde Arabe] pour une mystérieuse conférence.
RDC :
- une dame âgée : A quel étage allez vous ?
- le Vilain : je ne sais pas, d’ailleurs je ne sais même pas pourquoi je suis ici… une conférence je crois.
- la dame : celle du 5ème ou du 9ème étage ?
- le Vilain : comment voulez-vous que je vous le dise, c’est une surprise qu’on me fait !
- la dame : ça doit être au 9ème …
- le Vilain : si vous le dites !
- la dame : vous en avez de la chance qu’on vous fasse des surprises. Vous verrez, ça devrait être très intéressant.
Sujet de la conférence : “Bagdad, la raffinée, souvenirs d’une culture” organisée dans le cadre des jeudis de l’IMA, initiative gratuite bénéficiant d’une programmation souvent intelligente.
La salle est pleine de seniors avides de connaissance… qui piquent du nez dès l’entame de la conférence. Pouic se demande si elle ne s’est pas trompée de salle, le Vilain passe son temps à regarder un labrador lutter contre le sommeil.
Après 30 minutes passées à écouter une jeune conférencière réciter sa thèse universitaire comme une machine, tout en restant hors sujet du début à la fin, nous décidons d’aller nous bourrer la gueule près du Chatelet.

20h30 : Rock au Chatelet
Je ne connaissais pas le théâtre du Chatelet, mais au moins j’avais un avantage sur Pouic, qui au moment où le concert commencait, ne savait toujours pas qui nous allions voir.
Finalement tous les bons concerts se ressemblent : un artiste passionné et passionnant qui entre chaque chanson se lance dans de longues anecdotes et digressions en franco-américano-brésilien, et en face, un public parisien qui - enfin - ne boude pas son plaisir.
La salle, plus flamboyante que celle de l’opéra Garnier vit ce soir aux rythmes du plus newyorkais des chanteurs brésiliens.
Accompagné d’une grande section de cordes dirigée par Jacques Morelenbaum, Caetano Veloso livre un live éclectique de 2 heures, alternant reprises dépouillées de standards et bossa nova aérienne, sans oublier une version déjantée de “Come as you are” de Nirvana.
A près de 60 ans, ce bel homme dégingandé continue à expérimenter tel un éternel adolescent près à partager le monde avec le premier venu.
Meilleur concert rock de l’année..
Théâtre du Chatelet
Caetano Veloso
Un disque essentiel
Son site officiel (en anglais / portugais)

23h30 : Les Larmes d’Ulysse
“Chaque portière de taxi que l’on ouvre est une fenêtre sur l’inconscient collectif”.
Nous étions loin de nous douter, en montant dans ce véhicule usé par le temps, qu’il aurait voix au chapitre d’un day off.
Sur le plexi qui nous sépare de notre chauffeur, un slogan manifestement rédigé au letraset nous interpelle : “IL Y A DES LIVRES DONT LA TELE NE PARLE JAMAIS”.
Le Vilain se dit que nous sommes encore tombés chez un illuminé de la Bible, Pouic comprend “Arrêtez de regarder la télévision et lisez nom de Dieu”. Tout faux.
Grec de son état, notre chauffeur nous tend un livre qui s’avère être l’autobiographie de son drame familial. Ainsi, dans “les Enfants d’Ulysse”, page 74, on trouve une copie de sa lettre à Monsieur Robert Badinter, alors garde des Sceaux (1982)… ainsi qu’un récipissé de France Telecom - agence commerciale de Michelet - [page 82].
Edité à compte d’auteur à Athènes, vendu sous le plexi à Paris, du producteur au consommateur. 8 € [course non incluse].
“Vous en connaissez beaucoup, vous, des écrivains qui vous vendent leur livre en main propre ?”.
Georges Broulis - Paris - novembre 2004.
En bonus voici l’avant propos de cette saga :
“Je tiens à prévenir la lectrice ou le lecteur qui a entre ses mains ce livre que dans ces quelques dizaines de pages, je n’ai l’intention de ménager personne parmi celles et ceux qui ont collaboré à la destruction de ma famille. Chacun “en aura pour son compte” dans les limites de la correction, sûrement même plus de cette correction que ce qui m’a été réservé par certaines instances officielles au cours de mon “chemin de croix” qui m’a permis de comprendre beaucoup de “choses” et qui est, sans doute, comparable à celui de tant de gens et notamment d’hommes, ayant trouvé, un beau matin dans leur courrier la convocation du juge aux affaires matrimoniales.”
Pour acheter le livre demandez Georges Broulis chez Taxis G7.

00h00 : Toile de Jouy et sabots suédois
Minuit, l’heure du crime a encore sonné. Cette fois ci, c’est dans la toile de Jouy que ça se fera.
6ème et dernier étage - jacuzzi vétuste - mansardes branquebalantes - décoration proche d’un mini hôtel Normandy - coincé entre la Brasserie Lipp et le siècle dernier.
La toile de Jouy impressionne encore beaucoup Le Vilain qui peut passer une heure et demie bloqué sur les motifs à chercher des animaux là où il n’y en a pas, et le renne en particulier.
Le Boulevard Saint Germain impressionne encore beaucoup Pouic qui peut passer une heure et demie chez Kerstin Adolphson à chercher des animaux là où il y en a, et le renne en particulier [ici décliné en sabots].
Hôtel Au Manoir
153, boulevard St Germain
75006 Paris
Tél : 01 42 22 21 65
Informations / réservations
Kerstin Adolphson
157, boulevard St Germain
75006 Paris
Day off réalisé le 28 octobre 2004.
C’est toujours agréable de trainer chez K. ADOLPHSON, surtout quand on aime le bois, le cuir, le naturel, les jolies formes rondes … les sabots quoi ;-)